Alors qu’« accouchement » rime habituellement avec « hospitalisation », la France souhaite expérimenter ses premières maisons de naissance. Cette alternative, déjà très prisée dans de nombreux pays développés, propose un enfantement plus naturel grâce à une moindre médicalisation. Elle pourrait concerner près de 5 % des 800 000 accouchements annuels en France soit une moyenne de 40 000 femmes. 5 questions pour vous aider à faire votre choix.

 

Une femme enceinte assise sur un canapé
D’ici fin 2016, la France devrait compter une dizaine de maisons de naissance qu’elle souhaite évaluer sur une période de 5 ans maximum.

Qu’est-ce qu’une maison de naissance ? Quelles sont les différences avec un hôpital ?

Une maison de naissance, c’est avant tout une alternative aux maternités classiques. Placées sous la direction de sages-femmes, ces nouvelles structures proposent aux futures mamans d’accoucher dans un environnement peu médicalisé afin de vivre ce moment de manière plus « physiologique ». La mère dispose d’une chambre individuelle équipée d’un lit double et d’une salle de bain avec baignoire. Les perfusions ne sont pas automatiques et le monitoring n’est pas utilisé en continu. Il est cependant impossible de demander une péridurale à l’intérieur de la maison de naissance, faute d’anesthésiste. En revanche, la femme enceinte devra tout de même réaliser une « consultation pré-anesthésique » afin que l’établissement partenaire puisse intervenir en cas de complications.

 

Comment et par qui est réalisé le suivi (grossesse, pendant et après accouchement) ?

Toute grossesse peut être accompagnée médicalement par un médecin généraliste (jusqu’au 8ème mois de grossesse), un gynécologue obstétricien, ou encore une sage-femme (pour une grossesse non pathologique).

En maison de naissance, chaque femme enceinte est suivie par une sage-femme référente qui l’accompagne de la grossesse à la période post-accouchement. Cette assistance personnalisée donne la possibilité d’établir une relation de confiance entre la sage-femme et la future mère. Une seconde sage-femme vient en renfort au moment de l’accouchement.

La structure assure le suivi de grossesse, les préparations à la naissance et les soins post-nataux. Les sages-femmes ont pour mission de réaliser les dépistages obligatoires sur les nouveaux-nés (mucoviscidose, hypothyroïdie…) et d’informer sur le dépistage précoce de la surdité permanente néonatale.

 

Quelle est la durée de séjour dans une maison de naissance ?

La maman peut sortir dans les 3 à 24 heures qui suivent l’accouchement. Si des complications surviennent durant la journée, elle sera transférée à l’hôpital voisin pour des soins plus adaptés. Dans le cas contraire, la sage-femme lui rendra visite à domicile une fois tous les deux jours pendant une semaine pour lui administrer les soins nécessaires, lui apporter son soutien et la conseiller, notamment en ce qui concerne l’allaitement. En maternité classique, la durée de séjour moyenne est comprise entre 4 et 5 jours. Une période que l’Assurance maladie préconisait d’ailleurs de réduire à 3 jours dans un rapport transmis en juin 2014 au gouvernement.

 

Les frais à charge sont-ils plus importants en maison de naissance ?

Qu’elles choisissent d’accoucher en maison de naissance ou en maternité, les futures mamans bénéficieront de la même prise en charge. Du début de la grossesse jusqu’au cinquième mois, les frais médicaux courants seront couverts aux tarifs habituels. Les consultations prénatales obligatoires, les séances de préparation et les examens complémentaires seront remboursés à 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale. A partir du 6eme mois jusqu’au 12eme jour après l’accouchement, le suivi médical et les frais médicaux remboursables seront également pris en charge à 100 %.

 

Le niveau de sécurité est-il le même que dans un hôpital ?

Seules les grossesses sans risque sont acceptées dans ces maisons afin de préserver la mère et son enfant de tout danger. A titre d’exemples, les femmes souffrant de diabète ou d’hypertension ne pourront pas être admises. Il en va de même pour les femmes qui attendent des jumeaux ou qui présentent un risque de prématurité.

Les maisons de naissance – qui ne sont pas des établissements de santé – devront obligatoirement être accolées à une maternité partenaire. En cas de complications, la patiente pourra bénéficier d’une prise en charge hospitalière rapide. Une femme souhaitant finalement avoir recours à la péridurale pourra également être transférée à l’hôpital.

Malgré le scepticisme de certains médecins et gynécologues obstétriciens français, les études menées dans les pays voisins affichent jusqu’à présent des résultats plutôt positifs. La CALM (association pour la maison de naissance des Bluets) affirme, par exemple, qu’« il n’y a pas de surmortalité ou de problème supplémentaire dans la prise en charge en maison de naissance ».

 

Un remède pour lutter contre le baby blues ?

En France, 10 à 15 % des mères sont confrontées à la dépression post-natale. Ce phénomène, déclenché après la naissance du nouveau-né, peut toucher n’importe quelle femme, en particulier celles qui auraient déjà souffert de dépression auparavant. Une université américaine a donc cherché à en comprendre les causes pour tenter de prévenir ce trouble psychiatrique. L’équipe a découvert des biomarqueurs liés à l’ocytocine (hormone engagée dans le processus d’attachement entre la mère et l’enfant). En quantité trop faible, cette hormone pourrait engendrer la dépression post-partum. Les chercheurs espèrent pouvoir identifier ce manque par le biais d’une prise de sang afin d’en anticiper les symptômes et de les contrer.

 

Sources : BFM TV, Santé Magazine, Senat.fr, Service-Public.fr

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