La Banque nationale suisse (BNS) abandonne le taux plancher fixé à 1,20 franc suisse pour 1 euro : cette décision, qui date du jeudi 15 janvier 2015, est historique. Jusqu’à présent, la banque helvète interdisait à la monnaie de tomber sous ce plancher. Cet enfoncement du taux plancher provoque par ricochet l’effondrement de la bourse de Zurich. Les conséquences pour les économies suisse et européenne ne sont pas les mêmes. On compte de grands perdants… mais aussi des gagnants. Parmi eux : les travailleurs frontaliers franco-suisses.

La Banque nationale suisse, en abandonnant le taux plancher fixé à 1,20 franc suisse, a surpris tout le marché.
La Banque nationale suisse, en abandonnant le taux plancher fixé à 1,20 franc suisse, a surpris tout le marché.

Une mesure exceptionnelle qui préserve l’économie suisse « de graves dommages »

La valeur de la monnaie helvète, suite à la suppression du seuil qui l’interdisait de passer sous 1,20 CHF pour 1 EUR,  tombe jusqu’à 0,7813 franc suisse. C’est un record historique. Cette « chute » du franc suisse se traduit par une véritable « envolée » : la valeur du franc suisse augmente. Moins de francs suisses sont en effet nécessaires pour acheter un euro. En clair :

  • les Français devront débourser plus d’euros pour acheter un franc suisse,
  • les Suisses devront présenter moins de francs suisses pour acheter un euro.

Le taux plancher avait été décidé en 2011 lors de la crise par les autorités suisse afin de mettre leur pays à l’abri d’une probable spéculation sur leur monnaie, alors valeur refuge. En dessous de ce seuil, le franc suisse ne pouvait pas être échangé. Hier, la BNS a donc finalement estimé que ce taux pouvait être retiré sans risques.

 

Les gagnants

  • Les citoyens suisses

Les Suisses voient leur pouvoir d’achat augmenter dans le cas où ils voyageraient en Europe (ou feraient leurs courses en France, par exemple), puisque leur monnaie est plus forte ! Hier, Le Monde rapportait déjà que le quotidien suisse-allemand Blick alertait d’une pénurie d’euros dans certains distributeurs automatiques.

  • Les travailleurs frontaliers

Pour les quelque 169 000 Français travaillant en Suisse et vivant en France, c’est le jackpot. En effet, le Figaro estime que leur pouvoir d’achat dans la zone euro bondi de quasiment 20 %, étant donné qu’ils sont payés en francs suisses par leur employeur. Ces travailleurs chanceux ont ainsi, hier, attendus devant les bureaux de change de la ville pour échanger leurs économies en francs suisses contre des euros, profitant d’un taux de change en leur faveur. Si la situation dure, la période sera favorable pour acheter un appartement en zone frontalière, par exemple !

 

Les perdants

  • Le marché suisse

Ce changement de politique monétaire a surpris tous les marchés. Immédiatement après l’annonce, la Bourse suisse perdait 8,67 %. A titre d’exemple, le groupe de produits de luxe Richemont a vu son action plonger de 5,07 %. Le patron de Swatch, Nicholas Hayek, a déclaré que la suppression du taux plancher est un « tsunami pour l’exportation, le tourisme et toute la Suisse ». En effet, les produits suisses à l’exportation seraient ainsi vendus 30 % plus chers, d’après le Figaro.

  • Les étrangers travaillant en Suisse, payés en euros ou en dollars

Les étrangers vivant et travaillant en Suisse mais payés en euros ou en dollars voient leur pouvoir d’achat s’effondrer, comme le montre par exemple ce tweet :

  • Les étrangers qui souhaitent consommer des produits suisses ou voyager en Suisse

Toute personne se rendant en Suisse verra automatiquement une « cherté » de la vie, que cela soit sur les produits vendus par des entreprises suisses ou pour des services de logements, de tourisme, etc.

  • Les étrangers qui ont souscrit des prêts immobiliers en francs suisses

Certains pays européens autorisent les emprunts en devises étrangères, et notamment en franc suisse. C’est le cas, par exemple, de la Pologne, où 40 % des crédits immobiliers souscrits par les ménages sont libellés en francs suisses. Cela représente un volume de 31 milliards d’euros pour environ 700 000 ménages. Pour eux, la décision de la BNS est catastrophique car les traites mensuelles de leurs crédits immobiliers augmenteront significativement (contrairement à leurs salaires).

 

Les frontaliers et la fin du droit d’option

Depuis le 1er juin 2014, les frontaliers suisses ne peuvent plus bénéficier du « droit d’option », qui leur permettait de souscrire une assurance santé privée sans avoir à cotiser auprès de la Sécurité sociale. Désormais, ce régime obligatoire pour tous l’est aussi pour eux.  Ils devront ainsi cotiser auprès de l’organisme public à hauteur 6 % de leur revenu fiscal de référence la première année, puis 8 %. C’est un coup dur pour les Frontaliers, qui, pour certains, bénéficiaient de garanties santé qui les couvraient correctement, et ceux pour une cotisation mensuelle moins élevée.

De plus, la plupart devra s’équiper de mutuelles santé pour frontaliers, afin de rembourser leurs dépenses de soins qui ne seraient pas pris en charge par la Sécurité sociale, et notamment en Suisse. Ainsi, la décision de la BNS est un coup de pouce à leur égard, au moins pour régler cette note !

Sources :

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