« Il n’existe pas de société sans rituel funéraire. Son universalité est sans doute l’un de ses premiers traits caractéristiques.» Comme le souligne le sociologue Patrick Baudry,  le rapport ritualisé à la mort est caractéristique des sociétés humaines. Cependant, ce rapport a profondément évolué, ces vingt dernières années, en Occident. Laïcisation, personnalisation, privatisation… Regard sur ces changements et les défis à venir.

 

En 20 ans, le rapport à la mort a profondément changé en occident.

Des rituels funéraires en mutation

Traditionnellement

Variant selon les cultures et croyances, les rites funéraires  ont toujours été un moyen de répondre au vide que représente la mort. Ils permettaient :

  • d’une part de rendre hommage aux défunts et de marquer leur passage hors du monde des vivants ;
  • d’autre part pour les proches de faire leur deuil et de réaffirmer leur place au sein de la société.

Ces rituels avaient donc une dimension communautaire et sociale marquée.

Aujourd’hui

Dans les sociétés occidentales,  ils ne s’inscrivent plus vraiment dans une organisation sociale unifiée. Perte d’influence religieuse, urbanisation et individualisation croissante… ont entraîné un repli sur le cercle familial proche et une profonde évolution du rapport à la mort.

Une transformation rapide

Ces changements ont finalement eu lieu sur une période courte. La loi neutralisant les cimetières date de 1881. Cependant, dans les faits, les cérémonies ont gardé pendant longtemps un caractère sacré.

Il faut attendre les années 1980-90 pour voir s’accélérer les changements :

  • L’idée d’un « travail de deuil » à effectuer individuellement se popularise ;
  • En 1993, le marché des obsèques est libéralisé et la prévoyance apparaît (permettant aux particuliers de souscrire une garantie obsèques) ;
  • Le rapport au corps est également modifié avec le développement de la thanatopraxie et de la crémation. Cette dernière pratique est ainsi passée de 1 % en 1993 à 30 à 50 % aujourd’hui.

 

Renforcer l’encadrement ?

Les services funéraires sont des missions de service public ayant aussi un caractère commercial et industriel. Depuis l’ouverture du marché, ils peuvent être assurés par des opérateurs privés et publics (15 % des obsèques), soumis à des règles déontologiques.

Les pratiques ont évolué mais la nécessité de marquer fortement le passage hors de la vie est toujours présente. Selon une étude de 2013 publiée par Millénaire3.com, un décalage serait aujourd’hui constaté par rapport aux attentes du public, notamment dans le cadre des obsèques non religieuses. Les sondés déplorent souvent des conditions peu propices et souhaiteraient : plus d’aide aux démarches administratives, des lieux mortuaires plus appropriées au recueillement, des cérémonies civiles adéquates et des cimetières agréables.

Des ajustements semblent donc nécessaires. Et certains considèrent même que les pratiques funéraires doivent être plus encadrées par l’État. L’objectif est d’offrir à tous, quelles que soient les croyances, des conditions adaptées.

Se recueillir ensemble

Dans certains pays européens (Belgique, Allemagne…) et dans quelques villes françaises (Béziers, Paris…), des espaces permettent aux familles de se réunir après les obsèques. Les crématoriums et centres funéraire, plus que des lieux de transit pour les défunts, deviennent des lieux de réunion et d’expression sociale.

 


Sources : Rites Funéraires, ville et cimetières, L’organisation des obsèques : choix, vécu et attentes du public

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