Vaccination contre le virus de la grippe A H1N1 : faible adhésion et vives critiques

Lancée auprès des personnels soignants dans les hôpitaux le 20 octobre et auprès de la population le 12 novembre, la campagne de vaccination contre la pandémie de grippe A H1N1 entraîne des critiques fortes émises par le monde médical hospitalier aussi bien que par les médecins libéraux. La ministre de la Santé rappelle ses consignes de forte recommandation de vaccination contre le virus de la grippe A H1N1. Elle maintient pour le moment un schéma vaccinal à deux doses, d'après un avis du Haut conseil de la santé publique. La vaccination des professionnels de santé, qui a débuté le 20 octobre, rencontre une faible adhésion. Le ministère annonce que 50 000 membres du personnel hospitalier se sont faits vacciner sur un total de 800 000 personnels soignants hospitaliers. Cette population a pourtant été désignée comme prioritaire.

Pour le syndicat de médecins libéraux MG France et les syndicats de médecins hospitaliers CMH, Snam-HP, ainsi que la FSM, il est "urgent d'améliorer l'efficacité" de la campagne de vaccination contre le virus de la grippe A H1N1. Ces syndicats déplorent "les difficultés de communication avec la communauté médicale et les réserves d'une partie des médecins à être promoteurs de la vaccination auprès de leurs patients".

De nombreuses critiques se sont élevées parmi les médecins libéraux. le syndicat MG France estime que "la population semble réticente à l'idée de se faire vacciner en centres dédiés". MG France propose "que la vaccination soit effectuée par les médecins généralistes qui le souhaitent dans leur cabinet et pour leur patientèle". Pour le SML "le brouhaha médiatique actuel fait autour de la vaccination contre le virus de la grippe A H1N1est de nature à avoir des conséquences dramatiques au sein de la population".

Selon Didier Houssin, directeur général de la santé, en charge du pilotage de la vaccination, "notre premier mouvement avait été de nous en remettre aux médecins libéraux (…). Mais nous avons vite pris conscience qu'une série de contraintes majeures nous imposent un autre mode d'organisation". Parmi ces contraintes, le mode de conditionnement, mais aussi "les incertitudes du calendrier de livraison des vaccins par les fabricants", "la dissémination des cabinets médicaux libéraux", "les impératifs de sécurité sanitaire", "la charge administrative inhérente aux obligations de traçabilité", "la répartition en groupes prioritaires", et "les nécessités de mener conjointement les activités de soins en phase épidémique et les opérations vaccinales".

Source : ministère de la Santé.

Publié le 09/11/2009.