Les chiffres donnent le tournis : à la fin de l'année 2008, 8.3 millions de personnes étaient concernées par le régime des affections de longue durée (cancer, diabète, hypertension artérielle, affections psychiatriques, insuffisances cardiaques...), soit 1 assuré sur 7 (14.5%). Les remboursements pour des ALD représentent 62% de la dépense totale de soins remboursés. Dans 5 à 10 ans, ce taux pourrait atteindre 70%. D'ici 2015, ce ne sont pas moins de 10 millions de personnes qui devraient être dépendantes du régime des ALD. Pour la seule année 2008, on dénombre 280 000 personnes qui sont devenues bénéficiaires du régime des affections longue durée.
Que faire ? Le gouvernement, pour enrayer et contenir le déficit de l'Assurance maladie, devra tôt ou tard s'attaquer à l'épineux dossier des ALD. Car c 'est l'ensemble du système de protection sociale français qui est en jeu. Première mesure annoncée : les personnes guéries d'un cancer sortiront du régime des affections longue durée, ce qui n'est pas le cas actuellement. Est également évoquée la possibilité de durcir les conditions d'entrée en ALD. En effet, il existe aujourd'hui quelque 32 critères d'admission. A cet élargissement des conditions d'entrée, on assiste à un vieillissement de la population. Quand on sait que les trois quarts des personnes âgées de plus de 90 ans bénéficient du régime des ALD et que l'on rapporte ce taux aux perspectives démographiques (structure de la population + allongement de la durée de vie), l'inquiétude croît.
Source : Les Echos.
Publié le 08/10/2010.